L’actuel président ivoirien a annoncé ce jeudi 6 août sa candidature à un troisième mandat lors de l’élection du mois d’octobre prochain. Il avait d’abord dit qu’il ne se représenterait pas, laissant son dauphin Amadou Gon Coulibaly porter les couleurs du parti au pouvoir RHDP. Mais la mort de ce dernier a changé la donne.

Côte d’Ivoire

Côte d'Ivoire : Alassane Ouattara confirme sa candidature à l'élection présidentielle

L’actuel président ivoirien a annoncé ce jeudi 6 août sa candidature à un troisième mandat lors de l’élection du mois d’octobre prochain. Il avait d’abord dit qu’il ne se représenterait pas, laissant son dauphin Amadou Gon Coulibaly porter les couleurs du parti au pouvoir RHDP. Mais la mort de ce dernier a changé la donne.

« Je suis candidat à l'élection présidentielle du 31 octobre », a annoncé Alassane Ouattara dans son discours à la nation. Fausse surprise à la veille du 60e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. Tout le monde savait déjà. Et ce soir, les théories complotistes se confirment. "Oui, tout était calculé" dixit un spécialiste de la Côte d'Ivoire qui préfère rester anonyme. 

Ouattara

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'auto-proclamé sauveur Ouattara ?

« Au risque que tous les acquis après tant d'efforts et de sacrifices consentis par toute la population soient compromis, le risque que notre pays recule dans bien des domaines, tout cela m'amène à reconsidérer ma position. Face à ce cas de force majeure et par devoir citoyen, j'ai décidé de répondre favorablement à l'appel de mes concitoyens me demandant d'être candidat à l'élection présidentielle du 31 octobre 2020. Je suis donc candidat », a dit  Alassane Ouattara dans son discours diffusé par la chaîne publique RTI.

Comme pour anticiper les critiques de l’opposition, Alassane Ouattara a rappelé qu’il s’était engagé à ne pas briguer un nouveau mandat dans son discours du 5 mars. Devant le Parlement, il avait dit souhaiter céder la place à une nouvelle génération. Tout en précisant bien que la nouvelle Constitution l’autorisait à se présenter, ce qui va aussi être un angle d’attaque de ses adversaires.

« J’avais commencé à organiser mon départ. Ma vie après la présidence. J’avais commencé à relancer l’activité de mon institut et la création d’une fondation », a-t-il expliqué à la nation ce soir. Mais « l’homme propose, Dieu dispose », a déclaré Alassane Ouattara en évoquant le décès d’Amadou Gon Coulibaly, ajoutant que cette disparition avait « laissé un vide dans l’équipe mise en place pour poursuivre » son programme.

Le chef de l’Etat ivoirien a ensuite listé les points qui, selon lui, nécessiteraient une continuité à la tête du pays : les défis pour maintenir la paix et la sécurité en Côte d’Ivoire, le besoin de juguler la pandémie de coronavirus, les risques que tous les acquis de ses neuf ans de pouvoir soient compromis. Des points auxquels s’ajoute le calendrier très serré, avec des élections dans trois mois. Alassane Ouattara a donc voulu montrer qu’il se lançait non pas pour s’éterniser au pouvoir, mais plutôt par la force des choses. Sur un pays de 25,53 millions d'habitants, il n'y aurait donc que lui en capacité de gérer l'Etat ? 

Beni Kinkela
Journaliste et correspondant en RDC