Ravagée par les laves du volcan Nyiragongo en 2002, la ville de Goma, à l'Est de la RDC se remet prudemment de l'éruption volcanique du 17 janvier 2002. 20 ans après ce drame, les gomatracien se souviennent. Et si le Volcan Nyaragongo reste encore actif et invite à la vigilence, aucun "risques imminents d'éruption"d'après les scientifiques de l’Observatoire volcanologique de Goma. Témoignages.

Volcan Nyiragongo : de l'éruption volcanique de 2002 à ce jour

Goma : après 20 ans, la ville renaît prudemment de ses cendres

Ravagée par les laves du volcan Nyiragongo en 2002, la ville de Goma, à l'Est de la RDC se remet prudemment de l'éruption volcanique du 17 janvier 2002. 20 ans après ce drame, les gomatraciens se souviennent. Et si le Volcan Nyaragongo reste encore actif et invite à la vigilance, aucun "risques imminents d'éruption" d'après les scientifiques de l’Observatoire volcanologique de Goma. Témoignages.

Jonathan Kambale, jeune de la ville de Goma se souvient de ce jour cauchemardesque, à Goma, il y a 20 ans. Il raconte :

Il était 17 heures, nous avons été alerté par les habitants de la localité de Kibati, en territoire de Nyiragongo, qui fuyaient alors que le ciel était déjà comme celui d'une nuit sombre. Un grand tremblement de terre a précédé l’éruption. C’était cauchemardesque ! Nous avons tout abandonné sur place et avec toute la famille, nous avons pris le chemin de la frontière pour trouver refuge au Rwanda

Chancel Moza témoigne lui aussi de cette scène dramatique :

Lors de l’éruption du volcan de Nyiragongo, je revenais du marché ; j’ai vu des gens fuir dans des directions contraires, et les services du Gouvernement nous ont escorté au Mont Goma, seul abri choisi pour l’évacuation d’urgence. À cette époque, il y avait peu de bateaux sur les eaux du lac Kivu ; ceux qui avaient des moyens sont allés à Bukavu, au Sud-Kivu, les autres au Rwanda.

La ville de Goma aujourd’hui

Après sa dernière éruption spectaculaire, le 17 janvier 2002, dont la coulée a ravagé une partie de Goma, à l’est de la RDC a pu se reconstruire bien que la même menace pèse toujours sur cette "ville-capitale" de la province du Nord-Kivu. Tout y a changé en 20 ans. Goma, coincée entre les laves du volcan Nyiragongo et les eaux du lac Kivu, s’est faite une nouvelle "toilette".

Dotée d’un climat généralement tempéré et adouci par le vent qui souffle sur le lac Kivu, Goma n’est plus cette ville fantôme dont le volcan a fait exploser des stations d’essence, carbonisé des bâtiments et emporté les routes.

"La coulée de lave avait détruit plusieurs infrastructures, notamment une partie de l’aéroport, des églises et des maisons d’habitation...", se souvient encore Sindani Prince, la trentaineElle avait contraint plus de 500 milles individus au déplacement et causé la mort de plus d’une centaine de personnes et des dégâts matériels inestimables. 

Depuis, de nouveaux immeubles ont poussé comme des champignons partout sur les rochers constitués par la coulée de lave.

La piste de l’aéroport a été réhabilitée. Les routes ont également été macadamisées. Et la ville s’est, une fois de plus, agrandie comme si de rien n’était.

"Les gens ont investi et vite oublié qu’un volcan ronfle à côté d’eux", glisse Mazirane Gédéon, un ancien chef de quartier, appréciant tout de même l’extrême dynamisme des Gomatraciens.

Bâtie au pied du Nyiragongo, cette ville volcanique fait rêver. D’ailleurs, la mission onusienne en RDC (Monusco) y a récemment transféré son quartier général.

À côté des infrastructures hôtelières bien rangées le long du lac Kivu qui loge, au fond, du gaz méthane, Goma est cette ville où toutes les affaires fleurissent y compris le commerce illicite. Circulation intense d’automobiles, les jeunes ne cessent d’entreprendre. Le «Tshukudu», une sorte de trottinette en bois qui sert à transporter les marchandises est le symbole même de créativité et du travail érigé comme monument en plein centre-ville de Goma.

Dans la peur d’une nouvelle éruption

Le 3 juillet 2017, les habitants de Goma ont été entraînés à fuir si le volcan Nyiragongo venait à se réveiller. Ce jour-là, plus de 500 familles ont participé à un exercice d’évacuation en cas d’éruption volcanique.

"C’était le matin, sous le coup de 7h30", se souvient Zabayo Issa, habitant de Munigi, l’un des quartiers concernés par cet exercice de simulation.

"Des sirènes ont résonné en signe d’alerte et nous avons, du coup, quitté nos domiciles avec des ustensiles de cuisine, des matelas, des vélos et des animaux domestiques pour parcourir près de 3km jusqu’au stade Afia", explique-t-il.

Il rappelle que le stade Afia était défini comme le point de rassemblement dans la ville où ils ont été sensibilisés par l’observatoire volcanique de Goma et le service de protection civile, au risque volcanique et sur des gestes à observer, les objets à emporter et comment évacuer en cas d’éruption.

Depuis, des habitants de la ville de Goma, située dans la zone d’activité du volcan Nyiragongo s’interrogent sur le pourquoi de cet exercice d’évacuation.

"Pourquoi ont-ils choisi ce moment pour le faire ?" se demande Delilah Kwira, gérante d’une boutique au marché Virunga.

"Tout porte à croire qu’il y a encore risque d’éruption du Nyiragongo", craint-elle. Tandis que les scientifiques appelent à la prudence mais démentent. 

Cette situation d’urgence nationale en République démocratique du Congo avait connu une attention particulière au niveau mondial par le fait que, une partie du parc national des Virunga qui reste un patrimoine de l’UNESCO avait été touchée par les laves volcaniques et cela avait été un danger écologique, une partie d’espèces avait prit fuite pour les pays voisins.

Le volcan de Nyiragongo est localisé dans les montagnes des Virunga à une vingtaine des kilomètres au nord de la ville de Goma et du lac Kivu et à l’Ouest de la frontière du Rwanda.

Par sa proximité avec les zones densément peuplées, ses éruptions sont fréquemment et la présence d’un lac de lave quasiment permanant pouvant se déverser sur ses pentes en des longues coulées de lave considérées comme les plus rapides au monde, le Nyiragongo est un des volcans le plus actifs et dangereux d’Afrique.

Le volcan "Nyiragongo" est l’un des volcans les plus actifs et les plus dangereux en Afrique. Il se trouve à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville congolaise de Goma.

Il y a lieu de dire que, la ville dite touristique de la République démocratique du Congo a vite recouvré son statut d’antan.

Enoch David Aluta
Journaliste