Au Nord-Kivu, le territoire de Masisi est affecté par la présence massive des groupes armés, ayant tous des liens communautaires. Les affrontements entre ces différents groupes, les opérations militaires et les conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs entraînent des déplacements récurrents de population. L'institution indépendante, neutre et à vocation humanitaire CICR, a été victime jeudi 26 novembre d'un braquage à Masisi. Elle pousse un cri d'alerte. Zoom sur la situation. 

Le Nord-Kivu sous haute tension permamente

RDC : L'institution indépendante à vocation humanitaire CICR victime d'un braquage à Masisi

Au Nord-Kivu, le territoire de Masisi est affecté par la présence massive des groupes armés, ayant tous des liens communautaires. Les affrontements entre ces différents groupes, les opérations militaires et les conflits fonciers entre agriculteurs et éleveurs entraînent des déplacements récurrents de population. L'institution indépendante, neutre et à vocation humanitaire CICR, a été victime jeudi 26 novembre d'un braquage à Masisi. Elle pousse un cri d'alerte. Zoom sur la situation. 

CICR

Jeudi 26 novembre, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été victime d'un braquage par des hommes armés, en territoire de Masisi. Le CICR fournit protection et assistance aux victimes de conflits armés et d'autres situations de violence, apporte une aide humanitaire dans les situations d'urgence, et s'emploie à promouvoir le respect du droit international humanitaire et son intégration dans les législations nationales. C'est la raison de sa présence à Masisi. 

Joint par la rédaction www.54etats.frJosias Buingo, secrétaire exécutif du conseil territorial de la jeunesse pousse un cri d'alerte : 

CICR

Nous sommes tellement inquiets de voir, une semaine, passée depuis que nous avons manifesté pour alerter sur la montée de l'insécurité dans le territoire de Masisi. La situation reste inchangée. Les agents du CICR à Masisi ont été braqués par les hommes armés.

Les agresseurs ont tout prix et même blessés les membres de leurs propres groupes armés
 

Ces faits inacceptables ont été confirmée par Rana Elwakeel, chargée de Communication du CICR, (Nord et Sud-Kivu) :

4 agents du CICR ont été victime d'un braquage sur deux de nos véhicules, à environs 2 km de la cité de Masisi centre. 

"Nos agents revenaient de Nyabyondo où ils menaient une étude de stabilisation d'addition d'eau, selon les procédures actuelles. Le CICR condamne cet acte ignoble qui pourrait affaiblir ses efforts dans l'assistance humanitaire de la population touchée par les conflits armés et les violences. Le CICR demande aux services de police de faire la lumière sur cette situation" insiste Rana Elwakeel.

Des meurtres et exactions en tout genre 

La partie Est de la RDC connaît depuis des années des affrontements armés à répétition, forçant ainsi des milliers de congolais à abandonner leur domicile.

Une autre étape difficile les attends quand ils devront se faire accepter dans d’autres communautés. Ces personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays sont en situation de souffrance.

Les femmes et fillettes sont victimes de viols et meurtres, face au regard impuissant du gouvernement Congolais.

ONG

Pour rappel, fin 2018, le CICR avait distribué des vivres à plus de 3 700 familles déplacées et 3 100 familles résidentes à Kanyabayonga. Chaque ménage avait reçu notamment de l'huile, des haricots, du sel et de la farine de maïs afin de surmonter temporairement les conséquences du déplacement.

CICR

En 2019, dans la zone Béni, le CICR avait soutenu les structures médicales de la région pour la prise en charge des blessés, à travers la fourniture de médicaments et autres matériels médicaux essentiels. À ce jour, plus de 30 blessés ont été soignés.

La partie Est de la RDC ou l'antre de l'enfer pour les organisations humanitaires

En date du 16 avril 2020, 4 agents de Médecins sans frontières (MSF) avaient étés amenés dans la forêt de la localité de Kafulo, en territoire de Fizi, dans le secteur de Mutambala, au Sud-Kivu, avant d’être libérés le 18 avril 2020, après le payement d'une rançon de 2 millions des francs congolais.

En date du 30 octobre 2020, des hommes armés avaient kidnappés 4 personnes dans la localité de Malinde, dans le territoire de Fizi, au Sud-Kivu. Deux hommes parmi les quatre étaient de l’ONG internationale Adventist Development and Relief Agency (ADRA).

Selon nos confrères d'Actualité.Cd, depuis mai dernier, six agents humanitaires ont été enlevés par des hommes armés dans le territoire de Fizi.

Les organisations humanitaires victimes sont notamment MSF, OXFAM, ACTIONAID et ADRA.

David McLachlan-Karr, Coordonnateur humanitaire en RDC a condamné ces enlèvements et demande aux autorités de faire de la protection des opérations humanitaires une priorité absolue.

J’appelle une nouvelle fois les autorités congolaises à considérer la protection des opérations humanitaires comme une priorité absolue afin que l’aide puisse être acheminée librement

"Si les incidents se poursuivent, des acteurs humanitaires pourraient, au détriment des bénéficiaires identifiés, être contraints de se retirer pour préserver leur propre sécurité".

Une conclusion bien dramatique.

Enoch David Aluta
Journaliste