"L'eau, c'est la vie !" et une chimère à Nyiragongo au Nord-Kivu. On s'y croirait presque au Moyen-Âge, les habitants y sont victimes d'une pénurie d'eau potable. Une urgence sanitaire, un cri de souffrance à l'heure où le monde est frappé par la pandémie lié au Covid-19. Témoignages.

Entre urgence sanitaire et surdité du gouvernement

RDC - Nord-Kivu : "l'eau, c'est la vie" et une chimère pour les milliers d'habitants du territoire de Nyiragongo

"L’eau, c'est la vie" et une chimère à Nyiragongo au Nord-Kivu. On s'y croirait presque au Moyen-Âge ! Les habitants y sont victimes d'une pénurie en eau potable. Une urgence sanitaire, un cri de souffrance à l'heure où le monde est frappé par la pandémie liée au Covid-19. Témoignages.

lac kivu

Déjà atteint par les épidémies d'Ebola et du Choléra, la grave crise sanitaire liée à l'apparition du Covid-19 est un drame pour la population du Nord-Kivu. Ce territoire meurtri par 20 ans de guerre, de violences en tout genre, et de kidnapping depuis l'avènement de l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL).

Une urgence sanitaire

Pour Fidel Tshongo, un jeune âgé de 12 ans, rencontré au lac Kivu alors qu'il puisait de l'eau dans le lac dégoûtant qui constitue la seule source d'approvisionnement de la zone. Cette situation constitue une injustice supplémentaire pour la population avec la présence du gaz méthane. En effet, le lac Kivu est l’un des trois lacs au monde contenant une quantité considérable du gaz méthane. Il renfermerait, à lui seul, plus de 60 milliards de mètre cube de concentration pouvant produire le courant électrique pendant plus de 30 ans.

Fidel Tshongo

"Le groupement Mudja, situé à environ 3 kilomètres du lac Kivu est mon lieu quotidien. Je suis obligé de me réveiller chaque jour très tôt pour m'y rendre à vélo afin de ravitailler ma famille en eau. Le pays est frappé par la pandémie du coronavirus et cela nous impose de nous laver les mains souvent mais comment faire sans eau potable ? Le gouvernement congolais devrait nous aider à nous fournir en eau. Nos robinets sont vides ! Plus de 3 mois sans qu'une gouttelette d'eau n'y coule" exprime Fidel Tshongo qui magré ses 12 ans fait preuve d'une maturité surprenante.

Mambo Kawaya, président de la société civile du territoire de Nyiragongo, révèle qu'un bidon d'eau se négocie dans cette contrée entre 500, 600 francs Congolais voir même 1000 Francs Congolais. Il informe que sur 64 villages de la zone territoire, seulement 3 bénéficient d'un accès à l'eau potable.

kivu

"Nous sollicitons l'implication de l'autorité provinciale et voir même le gouvernement central pour nous venir en aide, il y a des projets avec des Humanitaires comme Virunga for water, Mercy corps, il y a même des tanks ici, il y a juste un manque de la volonté gouvernementale. Nous demandons au gouvernement d'accélérer afin que nous puissions bénéficier d'eau potable."

Joint par 54 Etats, David Angoyo, directeur provincial de la Régie de Distribution d'Eau (REGIDESO) n'a pas souhaité répondre aux questions liées à la pénurie d'eau potable à Goma. Néanmoins, il a assuré que ses équipes sont sur le terrain pour remédier au problème. Affaire à suivre.

Enoch David Aluta
Journaliste