L'ancien président de l'Angola est décédé vendredi à Barcelone. Il a dirigé son pays en maître absolu pendant 38 ans et est accusé d'avoir…

Angola

Jose Eduardo dos Santos, l'ancien président angolais, est mort

L'ancien président de l'Angola est décédé vendredi à Barcelone. Il a dirigé son pays en maître absolu pendant 38 ans et est accusé d'avoir largement détourné ses ressources.

L'ancien président angolais, Jose Eduardo Dos Santos est décédé ce vendredi matin à l'âge de 79 ans dans la clinique de Barcelone où il était hospitalisé depuis un arrêt cardiaque le 23 juin. Un deuil national de cinq jours a été décidé à partir de samedi pour honorer sa mémoire.

Lorsque José Eduardo dos Santos arrive au pouvoir en 1979, l'Angola connaît depuis quatre ans les affres de la guerre civile, après son indépendance du Portugal. Une longue et difficile guerre - quelque 500 000 morts en 27 ans - qu'il mène, avec le soutien de l'URSS et de Cuba et qui ne s'achève formellement qu'en 2002.

Jamais élu par le peuple

Sonne alors l'heure du boom pétrolier. Dos Santos fait de l'Angola le premier producteur d'or noir d'Afrique - au coude à coude avec le Nigeria -, mais au seul bénéfice d'une infime partie de la population. Il maintient un contrôle total sur son parti, le Mouvement pour la libération de l'Angola (MPLA), qui lui vaut d'être constamment reconduit à la tête du pays dont il dirige gouvernement, armée, police et juges.

Jamais élu directement par le peuple, l'ancien rebelle marxiste a dirigé l'Angola pendant 38 ans. Ses adversaires politiques crient à la « dictature », lui s'en défend. En 2013, il confie à une télévision brésilienne sa lassitude du pouvoir en qualifiant son règne de « trop long ». En décembre 2016, alors que la rumeur le dit atteint d'un cancer, il annonce son retrait. Il laisse comme promis sa place quelques mois plus tard à son dauphin Joao Lourenço.

Tchizé dos Santos, l'une des filles du défunt réclame une autopsie

Une des filles de Jose Eduardo dos Santos, Tchizé dos Santos, souhaite que le corps de son père soit soumis à une autopsie « de crainte » que la dépouille de l'ex-chef d'Etat angolais ne soit transférée dans son pays d'origine. 

Il y a quelques jours, elle avait déposé plainte devant la police espagnole pour « des faits présumés de tentative d'homicide ». Selon l'un de ses avocats, elle estime que l'épouse de son père, Ana Paula, et le médecin personnel de l'ex-président sont responsables de la détérioration de son état de santé.

Sa fille Isabel, surnommée la « princesse » et bombardée en 2016 à la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol, est désormais traquée par les juges et fit face à des enquêtes pour corruption.

Et son fils Filomeno est en prison depuis 2019, tombé également pour corruption.

Rédaction
Journaliste